Un peu d’histoire :
Dans le texte d’accord 2001-2003 la direction de Schneider Electric s’engageait à embaucher 100 travailleurs handicapés, objectif très (trop) ambitieux et non réalisé. Cependant le taux d’emploi était à l’époque de 5,8 % en 2001, de 6,6 % en 2002 et de 7,03 % en 2003 sur un périmètre dénommé SEISAS.
Dans le texte d’accord 2004-2006 la direction écrivait: l'entreprise s'engage à maintenir le taux d’emploi direct des travailleurs handicapés au-delà de 4%, auxquels s’ajouteront des contrats de sous-traitance ou de fourniture de prestations de service permettant d’atteindre au minimum le taux de 6%.
Le taux d’emploi (direct + indirect) a été de 6,32 % en 2004 et a évolué juste au dessus de 6% jusqu’en 2006. La lente dégradation continue et la Direction oublie de renégocier un accord en temps voulu et c’est courant 2007 que s’élabore un nouvel accord rassemblant des filiales autour de la maison mère (SEI + SEF).
Même si les bonnes intentions sont réelles avec des actions de sensibilisation des recherches de relais et partenariats, des actions de maintient dans l’emploi, c’est l’emploi direct qui est le grand perdant des années 2007 – 2009: 2,88% en 2007 puis 2,80% en 2008. Le taux global est de 5,88% en 2007 et de 5,80% en 2008.
Sans support inconditionnel de la Direction obnubilée par les résultats financiers, le taux d’emploi semble être passé durablement sous la limite des 6%, le bilan à paraitre de l’année 2009 devrait confirmer nos craintes, lors de la négociation la Direction a annoncé une fourchette de 5,80 à 6% résolument optimiste.
Dans cet accord 2010-2012 il est prévu :
Un nombre minimum de recrutement de travailleurs handicapés en fonction du nombre total d’embauches CDI au sein du Groupe effectuées sur la période : 5 pour 0 à 299, 15 pour 300 à 799 et 20 si plus de 800.
Une approche comptable pour le moins surprenante ... et qui ne réduira pas l’érosion du taux d’emploi direct constatée depuis plusieurs années.
Une responsabilisation par entité managériale :
Deux lignes pour dire que le taux d’emploi déterminera le niveau de contribution de l’entité, contribution à quoi?, de combien, comment?, ... rien n’est écrit!
Alors que l’engagement des responsables d’entités est la clef de voute de l’édifice : s’il n’y a pas un engagement fort de chaque responsable d’entité, la mutualisation offerte par l’accord continuera de masquer les carences.
Sachez que pour l’entité SEI en 2008 le taux d’emploi direct des handicapés n’est que de 0,97% et celui de l’emploi indirect de 0,72% soit un total de 1,69% très loin des 6% qui devraient être la cible commune. Y-a-t-il un plan spécifique pour l’entité SEI ? Non. Quelle sera inévitablement la contribution de SEI pour ses très mauvais résultats? Rien n’est dit ...
L’autre sujet d’inquiétude est le maintien du volume de sous-traitance auprès du secteur du travail protégé. Nous saurons avec la publication des déclarations DOETH de 2009 quel aura été l’impact de la réduction de l’activité industrielle du groupe sur la sous-traitance aux ESAT et EA: de combien le taux réel de 3,35% (plafonné à 3% pour le calcul du taux global) atteint en 2008 sera-t-il réduit pour 2009?
Cet accord 2010-2012 signé par quatre organisations syndicales va permettre à la Direction de continuer à être dispensée de verser une contribution à l’Agefiph quelque soit le résultat en matière de taux d’emploi global des travailleurs handicapés et de se glorifier du fait d’avoir un accord d’entreprise.
La vraie sanction pour une entreprise soucieuse de sa cotation à divers indices de Responsabilité Sociale serait une contre publicité dénonçant le manque criant de moyens mis en œuvre pour dépasser l’objectif légal.
Alors que dans la presse est apparu un slogan vantant un taux de succès de 98% pour l’emploi des travailleurs handicapés il faudrait publier la courbe de décroissance continue depuis 2003!
Terminons cependant sur une note positive en rendant un hommage appuyé à l’équipe du "Pôle Social" du Groupe qui réalise avec ténacité un excellent travail pour le maintient dans l’emploi des travailleurs handicapés. Le travail et la vie courante sont générateurs de handicap, au-delà des incapacités mentales et physiques à surmonter il est essentiel de tout faire pour maintenir les salariés concernés dans l’emploi en aménageant si nécessaire leurs conditions de travail.